Cristina MARQUES

 

Critique de M. Christian NOORBERGEN, critique d'art contemporain - commissaire d'exposition

 

Cristina Marques, ses talismans de lumière

 

On voit de petits morceaux de mur qui ne font jamais barrage. De fins murs
d'ouverture. Le plexiglas métamorphosé en saisissantes merveilles. Les
subtiles fenêtres d'espace de Cristina Marques éloignent les ombres
mauvaises. Elles s'ouvrent vers l'ailleurs, s'élancent vers les hauteurs, et
font taire les pesanteurs. Art d'élans, de transparences et de lumineuses
frontières. On voit de fragiles murailles de vives clartés, de fines
chromatiques tendues comme des sparadraps, et d'infimes bulles d'univers.
Cristina Marques attaque fort, dans l'essentiel et dans l'ascension. Les
pièces créées sont autant de talismans précieux, d'extrême présence,
pluriels et fascinants. Ils créent leur espace dans l'espace... Chaque æuvre
est corps de fragilité, borne d'étrange beauté, où l'air et l'eau feraient
mariage de matière vivante, toujours marquée de traces vitales.

 

Le mouvement premier de l'oeuvre enserre l'étendue, l'envoûte, et l'étreint
pudiquement. Des traces voyageuses circulent dans cette vibrante
respiration d'artiste, et l'innervent de l'intérieur, comme une veine infinie
qui pourrait nourrir les creux de l'univers. Ces bulles de vie ne cessent de
rêver dans leurs prisons de lumière. Chaque oeuvre est infime morceau
d'immensité : le regard traverse l'æuvre qui traverse l'espace.